Pourquoi je rumine autant ? 🐄 Et comment sortir de la boucle ?
Dernière mise à jour : 20 sept.
I. Qu'est-ce qu'une rumination ?
La rumination peut être comprise comme un dialogue intérieur répétitif : on ressasse une situation passée, une émotion, un problème, ou on anticipe encore et encore ce qui pourrait arriver.
Elle peut prendre différentes formes :
« Pourquoi est-ce que j'ai réagi comme ça ? »
« Il faut absolument que je fasse les choses parfaitement. »
« Qu'est-ce qu'il/elle a voulu dire par là ? »
« Tout le monde va penser que je suis ridicule. »
Une pensée entraîne alors une émotion désagréable, qui peut elle-même alimenter de nouvelles pensées, de nouveaux souvenirs ou de nouvelles anticipations.
Une boucle peut progressivement s'installer.
II. À partir de quand réfléchir devient-il ruminer ?
Réfléchir à un problème n'est évidemment pas un problème en soi.
La différence se trouve plutôt dans ce que cette réflexion produit.
Si je réfléchis à une situation et que cela m'aide à prendre une décision, à comprendre quelque chose ou à agir, ma réflexion avance.
Dans la rumination, au contraire, je peux avoir l'impression de chercher une solution alors que je parcours encore et encore le même chemin mental.
Un indice intéressant consiste à observer le type de questions que l'on se pose.
Les ruminations prennent souvent une forme abstraite :
« Pourquoi suis-je comme ça ? » « Pourquoi ça m'arrive toujours ? » « Et si… ? »
III. Pourquoi notre cerveau fait-il ça ?
Parce qu'au départ, il essaie souvent de résoudre quelque chose.
Comprendre ce qui s'est passé, anticiper une difficulté, éviter qu'une situation se reproduise… Ruminer peut donc donner l'impression que l'on est en train de chercher activement une solution.
Seulement, cette recherche peut finir par entretenir les émotions désagréables plutôt que résoudre le problème. Les pensées répétitives monopolisent alors notre attention et peuvent renforcer stress et anxiété.
Autrement dit : notre esprit continue à chercher, même lorsqu'il n'y a plus vraiment de nouvelle réponse à trouver.
IV. Pourquoi essayer de ne plus y penser ne fonctionne-t-il pas ?
Face aux ruminations, notre premier réflexe est souvent :
« Il faut que j'arrête d'y penser. »
Mais essayer de chasser volontairement une pensée peut paradoxalement nous amener à surveiller encore davantage sa présence.
Ce phénomène a notamment été étudié en psychologie sous le nom de « processus ironique » : pour vérifier que nous ne pensons plus à quelque chose, notre esprit doit continuer à rechercher… précisément cette pensée.
V. Comment sortir de la boucle ?
Une première étape consiste justement à repérer :
« Tiens, je suis en train de ruminer. »
Puis, plutôt que de continuer à chercher une nouvelle réponse à la même question, on peut se demander :
« Est-ce que je suis en train de trouver une réponse... ou est-ce que je tourne en rond ? »
Prendre de la distance avec ses pensées, ramener son attention vers le présent ou vers l'activité en cours et accepter de ne pas résoudre immédiatement toutes les questions qui nous traversent sont des capacités qui peuvent s'entraîner.
VI. Je comprends… mais comment le faire vraiment ?
Déplacer son attention ou réagir autrement sont des capacités qui peuvent s'apprendre par l'expérience et la répétition, afin de devenir progressivement plus accessibles dans le quotidien.
C'est notamment ce que l'on peut travailler en thérapie brève et avec l'hypnose : expérimenter et répéter de nouvelles façons de réagir lorsqu'une pensée ou une émotion apparaît.
Et lorsque les ruminations reviennent régulièrement autour d'un même sujet, il est aussi intéressant de travailler sur le sujet en lui-même.
Derrière ces pensées qui tournent en boucle, il y a un sujet qui mérite d'être exploré, des façons de penser qui se sont installées avec le temps et qui peuvent évoluer ou encore une expérience qui reste émotionnellement chargée.
L'objectif n'est pas de ne plus jamais avoir de pensées négatives mais d'apprendre à y répondre autrement.

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